logo site

Association des
Psychologues Freudiens

imprimer version imprimablemail envoyer par mailfacebook facebooktwitter twitter

Le retour du carnet de comportement

René Saboural mail, lundi 17 octobre 2011

Un gouvernement récidiviste : le ministère de l’Education Nationale propose d’instaurer un carnet de comportement, carnet qui prétend trier les enfants de maternelle selon 3 catégories dont une classe « à haut risque » .

C’est le retour des tenants du dépistage précoce ; 6 ans auparavant ils avaient dû reculer devant la vaste mobilisation contre le « 0 de conduite ».

La même idéologie soutient cette nouvelle offensive scientiste et répressive. Ils prétendent toujours , prenant appui sur la statistique, débusquer et prédire chez de tout jeunes enfants les futurs comportements délictueux.
Et ils ignorent toujours les méfaits de la stigmatisation.

(Le document en PDF est sur éduscol : http://media.eduscol.education.fr/file/evaluation/36/1/aide_evaluation_GS_maternelle_136361.pdf)

Nous publions ici le Communiqué de presse du 13 octobre 2011 de Pasde0deconduite

 

Le retour du carnet de comportement :
une mesure à haut risque pour les enfants !
Le ministère de l’Éducation nationale prévoit d’instaurer des évaluations pour les enfants de 5 ans
en école maternelle, qui comporteraient un volet comportemental intitulé « devenir élève »
conduisant à trier les enfants en trois catégories : « RAS », « à risque » ou « à haut risque ».
C’est le retour sous une autre forme du carnet de comportement préconisé en 2005 par N. Sarkozy,
alors ministre de l’Intérieur, et auquel il avait dû renoncer face à l’opposition vigoureuse des
professionnels de la petite enfance et de la santé, des enseignants et des parents.
Sélectionner des enfants « à risque » comportemental reprend le projet de dépistage précoce des
enfants agités, avec une démarche de prédiction inhérente à cette notion de risque.
Un tel projet d’évaluation chez les enfants de grande section, s’il se mettait en place, ferait planer
un climat de suspicion sur l’école maternelle vécue comme une école qui trie et désigne les enfants
avant même qu’ils ne soient devenus des élèves assujettis à l’obligation scolaire.
Ce projet créerait un système de transmission de l’angoisse en cascade :
- les parents, inquiets du jugement prédictif porté sur leur enfant, voudront le préparer à
l’évaluation, exerçant sur lui une forme de pression de crainte qu’il ne soit repéré comme « à
risque » ;
- les enseignants feront passer ces évaluations, à la recherche d’un idéal d’élève plus que modèle,
avec le sentiment d’être à terme eux-mêmes évalués de façon indirecte ; et que ces évaluations
seront diffusées et conduiront à des comparaisons entre écoles.
Ces angoisses conjuguées des parents et des enseignants viendront parasiter la relation de l’enfant
à l’école : à cet âge se sentir mesuré insécurise les enfants, au risque qu’ils réagissent par de
l’agitation ou de l’inhibition ou par une peur de l’école.
Tout cela au moment où le gouvernement augmente jusqu’à trente-cinq le nombre d’enfants par
classe en maternelle, où les RASED destinés à aider les enfants les plus en difficulté sont
démembrés, les postes de psychologues et d’enseignants spécialisés supprimés, et où partout
manquent les auxiliaires de vie scolaire laissant de très nombreux enfants handicapés sans
accompagnement spécifique.
Ainsi, d’un côté la politique gouvernementale retire l’aide aux enfants les plus souffrants, d’un autre
elle entend les trier, les désigner et les stigmatiser.
Cette obsession du risque et d’une prévention rabattue sur le dépistage et la prédiction met en
danger la confiance dont les enfants ont besoin pour investir l’école et désirer devenir élèves.
Comment peut-on à ce point mépriser les fondements de l’éducation, de la psychologie et de la
socialisation du jeune enfant ? Il faut des compétences, de la confiance et du temps pour que
l’enfant s’autonomise et expérimente le sens des relations aux autres.
A contrario la réponse proposée par le ministère, sous la forme de quelques semaines
d’entraînement aux bonnes manières, revient à installer un radar comportemental sur le chemin de
l’école.
Sous prétexte de prévention et d’éducation, le projet gouvernemental d’évaluation des enfants à 5
ans mettrait en place un dispositif qui les enferme dans des prédictions auto-réalisatrices nocives et
qui impose le retour aux vieilles méthodes du conditionnement et du formatage comportemental.
Pour le collectif Pasde0deconduite, ce ne sont pas les enfants qui sont « à risque » mais les
évaluations comportementales en école maternelle qui les placeraient dans une situation à très haut
risque.
Le collectif Pasde0deconduite rencontrera le ministère de l’Éducation nationale la semaine prochaine
et lui demandera le retrait du projet d’évaluation des enfants en grande section de maternelle.

PDF - 49.6 ko
rien
Fermer fermer

Nous contacter

Vous pouvez nous contacter en remplissant le formulaire suivant.

Une réponse vous sera adressée dans les meilleurs délais.


Envoyer un message

Fermer fermer

Newsletter

Afin de vous tenir informé de l’activité de l’association, vous pouvez vous inscrire à notre liste de diffusion en entrant votre adresse électronique dans le champ ci-dessous.

Vous pourrez à tout moment vous désinscrire de la liste en cliquant sur le lien "Cliquez ici pour modifier votre abonnement" en pied de message.