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Association des
Psychologues Freudiens

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Newsletter de la Présidente Avril 2013

jeudi 4 avril 2013

Newsletter de la Présidente, n° 20.

 

I. UNIVERSITE : ALERTE MAJEURE

Le Ministère vient de rendre publique une liste préfigurant ce que pourrait être, d’ici quelques semaines, la nomenclature officielle (et limitative) des intitulés de Masters.
Lors d’une toute récente réunion, entièrement consacrée à la question de la nomenclature des intitulés de Masters, M. Jean-Michel Jolion, chef du service de la stratégie de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle à la DGESIP, a en effet explicité la volonté de la Ministre en la matière : que toutes les habilitations de Master (ou de licence) fassent uniquement état d’un nom de domaine et d’une mention choisis sur une liste arrêtée nationalement, cette mesure devant permettre de passer d’environ 6000 intitulés à un peu moins de 200.

Si l’arrêté ne sera sans doute pas publié avant octobre 2013, cette modification des intitulés devra intervenir pour la rentrée 2015, et ceci pour tous les établissements.
A consulter la liste officielle des intitulés , il ressort clairement que notre actuelle mention, « Psychanalyse », n’apparaît absolument pas, pas davantage d’ailleurs que la mention « Psychologie clinique ».

La mobilisation commence donc — merci de relayer l’information !

Gérard Miller

Directeur pédagogique du département de Psychanalyse de l’université Paris 8
et responsable de l’Unité de recherche EA 4007 Section clinique

Comme on peut le déduire de la lecture de ce texte publié en ligne par Le Monde le 3 avril, le modèle universitaire européen est entre tohu et bohu. Mobilisons-nous donc sur ce front mouvant.

La crise bouscule les universités européennes

Régime grec. La Grèce veut supprimer un quart des départements de ses universités, selon Le Courrier des Balkans. Le Parlement a adopté, jeudi 28 mars, un amendement qui ouvre la voie à l’adoption de la réforme Athina, qui vise à "rationaliser et à améliorer l’enseignement". Le plan prévoit la suppression d’un quart des établissements du supérieur. Etudiants, professeurs et élus locaux sont vent debout contre une réforme qui divise profondément le pays. Pour Constantin Arvanitopoulos, le ministre de l’éducation nationale, "rationaliser la carte universitaire" du pays est "une nécessité absolue". "Ces dernières années, les universités ont poussé comme des champignons dans chaque ville, sur chaque île", reconnaît une étudiant. Si la loi est adoptée, ce sont finalement 405 départements d’universités et d’instituts technologiques qui fonctionneront contre 534 aujourd’hui, ce qui correspond à une diminution de près de 25 %.

Universités gratuites en Allemagne. A l’opposé, en Allemagne deux Länder suppriment les droits d’inscription (500 euros par semestre), nous apprend le site Educpros. La Bavière et le Land de Basse-Saxe viennent de supprimer pour la rentrée 2013 les droits d’inscription. Le Land de Bavière s’est engagé à compenser les 30 millions d’euros de manque à gagner pour l’université de Munich. Ces droits d’inscription avaient été introduits en 2007 par plusieurs Länder conservateurs qui aujourd’hui les abolissent les uns après les autres. Deux dernier Länder viennent de le faire, les universités allemandes seront désormais gratuites dans l’ensemble du pays.

Enseignement de l’économie. Rejoignant un mouvement international, un collectif d’étudiants français en économie soulève la question de l’enseignement de cette discipline depuis la crise économique. « L’enseignement que nous recevons est étrangement déconnecté de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux », écrivent-ils. De cette insatisfaction est né en France le collectif étudiant PEPS-Economie, qui se mobilise "Pour un enseignement pluraliste de l’économie dans le supérieur ». D’autres mouvements similaires ont vu le jour de par le monde (Canada, Etats-Unis, Allemagne, Israël, Chili, Uruguay, Argentine...).

II. Le café de la Mairie à Paris

La soirée au cours de laquelle Carolina Koretzky, pour son livre « Le réveil. Une élucidation psychanalytique », éditions PUR, 2013) et Philippe Lacadée pour « Vie éprise de paroles » (éditions Michèle, 2013), interrogés par Ariane Chottin et Camilo Ramirez, nous ont présenté leurs axes de recherche, les situant dans le contexte du Champ freudien comme des appuis pour faire avancer l’élaboration collective, tant en ce qui concerne la conduite de la cure, que sur le bord du Cien où l’impossible d’éduquer voisine avec l’impossible de psychanalyser (Cf. le tout dernier livre de Philippe L. sur l’école, à paraître bientôt aux éditions Michèle) a beaucoup intéressé. Radio-a s’en fait le support, pour celles et ceux qui étaient retenus ailleurs.

Site : www.radio-a.com

III. Souffrance au travail

IV. Les uns et les autres

• Une nouvelle association est née dans le pays nantais, le CAP :
C comme Culture
A comme art
P comme psychanalyse.

Vous trouverez en pièces jointes un texte expliquant ce qui l’oriente, et le programme de sa
première journée
Le 19 avril
A Nantes (salle Vasse).

PDF - 85.2 ko
PDF - 94 ko
PDF - 95.6 ko

• le RPH-Ecole de psychanalyse organise, le 20 avril 2013,
à Paris, un colloque intitulé
"Sexualité masculine ?"
L’argument et le bulletin d’inscription en pièce jointe.

PDF - 254 ko

V. Vous avez dit : « psychologue » ?

« La parole a toujours par définition ses arrière-plans ambigus, qui vont jusqu’au moment de l’ineffable, où elle ne peut plus se dire, se fonder elle-même en tant que parole. Mais cet au-delà n’est pas celui que la psychologie cherche dans le sujet, et trouve dans je ne sais quelle de ses mimiques, de ses crampes, de ses agitations, de tous les corrélats émotionnels de la parole. Le soi-disant au-delà psychologique est en fait de l’autre côté, c’est un en-deçà. L’au-delà dont il s’agit est dans la dimension même de la parole.
Par “être du sujet”, nous n’entendons pas ses propriétés psychologiques, mais ce qui se creuse dans l’expérience de la parole, en quoi consiste la situation analytique. »
Le Séminaire, livre I, Les Ecrits techniques de Freud, p. 256.

VI. Last but not least

Jacques-Alain Miller au Sénat, sur le thème du « mariage pour tous » : http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video17031.html

Et tous les jours sur le site de La règle du jeu, vous retrouverez son blog intitulé Diva.

Supplément à la Newsletter d’Avril 2013

Menace sur les noms de "psychanalyse" et "psychologie clinique"

Fabian Fajnwaks a bien voulu réagir « à chaud » à la menace qui semble peser sur les noms de « psychanalyse » et aussi de « psychologie clinique » ; il éclaire les enjeux de la défense de l’exception française, et aussi des zones d’ombres, qu’il nous faudra explorer en raison, à plusieurs.

Nous avons appris, au département de psychanalyse à Paris VIII et grâce à Gérard Miller, que le Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche vient de rendre publique une liste de ce qui pourrait être la nomenclature officielle des intitulés des Masters dans les mois qui viennent. Il existe une volonté de limiter le nombre des Masters dans l’université française et cette réduction passe par une question de nom. Selon les informations dont nous disposons, M. Jean-Michel Jolion, chef de service de la stratégie à la Direction Générale l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) aurait explicité récemment dans une toute récente réunion entièrement consacrée à la question de la nomenclature des Masters, la volonté de la Ministre que toutes les habilitations de Master (ou de licence) fassent uniquement état d’un nom de domaine et d’une mention choisis sur une liste arrêtée nationalement. Ce qui permettrait de passer d’environ 6000 intitulés actuels à un peu moins de 200 (Cf. L’article de Gérard Miller dans la Newsletter d’avril).

Lorsqu’on lit la nouvelle liste de mentions qui couvriraient les Masters, ni la mention actuelle du département : « psychanalyse » n’apparaît, ni la mention « psychologie clinique » non plus d’ailleurs. A la place seulement on peut lire « psychopathologie », ce qui est vraiment étrange, car depuis quelques années la plupart de masters professionnels de psychologie clinique orientés vers la psychologie cognitive, avaient récupéré la mention « Clinique », en validant ainsi la clinique cognitive, au détriment de ce que le signifiant psychopathologie comporte dans sa référence à la pathologie, au symptôme. Par une étrange inversion c’est ce signifiant qui apparaît sur la liste et non pas la mention « clinique »….

C’est au nom d’une meilleure lisibilité des offres des masters pour les étudiants, les employeurs et à l’internationale que ces réformes sont proposées . Ainsi il est dit dans ce document consultable sur Internet que « Pour les masters c’est la cacophonie avec plus de 2000 mentions et 8000 spécialités. En décembre 2010, 98 mentions comprennent le mot « Informatique » au sein de 22 mentions de noms différents. A cela se rajoutent des appellations comme SPI, Télécom et réseaux, etc. 308 spécialités utilisent le mot « Informatique ».

Il faudrait rappeler à la DGESIP le caractère exceptionnel du département de psychanalyse, seul département existant dans le paysage universitaire français, et en tant que tel, mondial aussi. Le risque de voir des mentions qui se répètent, comme en Informatique lui est donc complètement étranger….

Mais le mouvement de réduction des départements de Sciences Humaines dans les universités européennes et américaines commence à se profiler depuis quelques années. Ainsi le journal Le Monde de ce soir (le 3 avril 2013) nous informe sur son site internet de la situation en Grèce (Cf. La newsletter d’avril).

Dans Not for Profit. Why democracy needs the humanities, paru en 2010, Martha Nussbaum, professeur de droit et d’éthique à l’Université de Chicago et proche du prix Nobel d’économie Amartya Sen, faisait valoir l’importance de préserver la spécificité des départements des Sciences Humaines qui, depuis quelques années aux Etats-Unis, se voient réduire leur budget sous le prétexte qu’ils ne remplissent pas les mêmes exigences que les grands départements des « Sciences dures ». Son livre, véritable plaidoyer pour l’enseignement des Sciences Humaines à l’Université, qui crée un lien entre les Sciences Humaines et la vie en démocratie, lequel lien se verrait forcément affecté si les étudiants se voyaient privés des départements de Sociologie, d’Histoire ou des Lettres, pourrait nous servir de référence à l’heure de défendre la spécificité de certains départements comme le département de psychanalyse qui courent le risque de ne pas « rentrer pas dans la nomenclature ».

« No name ? No future » semble dire la DGESIP. Au nom de l’uniformisation des mentions qui sont, certainement multiples dans d’autres disciplines, le département de psychanalyse, seul département dans le monde universitaire, se verrait appliquer le même principe que l’informatique et disparaîtrait de ce fait. Nous ne pouvons que nous demander si telle peut être la volonté de la Ministre et des gens qui travaillent autour d’elle. Il serait terriblement regrettable que ce qui fait la spécificité de l’université française, de l’exception culturelle française qui attire un grand nombre d’étudiants de l’Amérique Latine, des pays d’Europe de l’est et de l’Orient, soit supprimé par le fait d’une volonté aussi éprise de classifications et de nomenclature. Nous savons depuis longtemps, avec les épistémologues des Sciences, combien de tels principes de classification sont arbitraires, et la place qu’ils peuvent faire à des exceptions.

Fabian Fajnwaks
maître de conférences
au département de psychanalyse
de Paris VIII

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