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Association des
Psychologues Freudiens

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Enquête sur la fonction FIR proposée par la CGT dans le cadre de ses rencontres avec la DGOS Janvier 2012

René Saboural mail, vendredi 10 février 2012

Le 13 janvier 2012, la CGT lançait aux psychologues une enquête sur la fonction FIR. Cette enquête, en forme de questionnaire, suscita de nombreux débats dans les collèges.

Question ? Réponse.

Nous vous adressons le texte de la coordination de l’InterCollèges des psychologues d’Ile de France envoyé à la DGOS et aux syndicats, le 26 janvier 2012.

Insistons, ici, sur ces points vifs, freudiens :

- Si le FIR est bien une fonction, elle ne peut faire l’objet d’un choix.

- Cette fonction n’a pas à répondre à un projet conçu a priori. "Ce renversement serait une erreur puisque le FIR doit accompagner le travail clinique dans une élaboration d’après coup.

- L’activité de FIR est à distinguer de la formation continue.

- La distinction titulaires/contractuels est artificielle en ce qui concerne les conditions nécessaires à l’exercice de l’activité des psychologues hospitaliers.

 

Les questions soulevées par le questionnaire d’enquête de la CGT ont été pour certaines assez largement débattues depuis des mois dans le cadre des rencontres de l’Inter-Collèges d’Ile de France. Certaines questions semblent, telles qu’elles sont formulées dans l’enquête, équivoques et appellent des commentaires.

-1- "Prenez vous votre fonction FIR ?" La question présente-t-elle un choix ou une contrainte ?

Si le FIR est bien une fonction, elle ne peut faire l’objet d’un choix, elle est inhérente à notre travail et indissociable de la fonction clinique. C’est le sens de l’article 2 du décret de 91 qui avait conduit à l’écriture de la circulaire de 92. Les psychologues cliniciens doivent élaborer leur action ; ils sont des praticiens chercheurs (cf. titre unique). Que feraient ceux pour qui cette fonction ne serait pas à prendre... au sérieux.

Probablement est-ce seulement une question de formulation, mais ne s’agit-il pas plutôt de savoir dans quelles proportions le temps initialement conçu comme obligatoire pour tous les psychologues cliniciens de la fonction publique hospitalière pour soutenir la mise en oeuvre de cette fonction FIR, est aujourd’hui respecté ou non par les directions d’établissements ?

-2- Il est également difficile de répondre à la question : « Pensez-vous qu’il faut rendre compte de la fonction FIR dans le projet psychologique d’établissement ».

Certaines directions d’hôpitaux aiment affirmer que les psychologues ne s’acquittent pas de cette obligation. Elles déplacent ainsi un désaccord qui porte plutôt sur les modalités de ce rendre compte (individuelles ou collectives, lors d’une rencontre avec le chef de pôle, lors de journées organisées par les psychologues, etc.) et sur la confiance minimum nécessaire à l’effectuation de ce travail. Les difficultés convergent au fond toujours vers le même point, celui sur lequel tente de revenir la circulaire de 2010, l’exercice d’une partie significative de l’activité des psychologues organisée sous leur responsabilité et souvent effectuée, pour des raisons techniques, hors des établissements.

La question porte-t-elle sur le rendre compte ou sur une proposition de mise en place d’un projet psychologique d’établissement dans le cadre duquel la question du rendre compte serait posée ? Ce projet n’existe pas actuellement, reste indéfini et ne fait, du fait de la double entrée de cette question, l’objet d’aucune question spécifique.

Qu’est-il ? Selon quelles modalités le rendre compte du FIR lui serait articulé ? Avec quelles conséquences pour le choix des formations et orientations cliniques de chacun ?

Soulignons le risque qu’il y aurait pour notre profession, si c’était la démarche visée par la DGOS, à inscrire le FIR dans un projet psychologique collectif conçu a priori, projet dont l’un des objectifs serait d’encadrer cette démarche fonctionnelle de chaque psychologue et aurait pour conséquence de la contraindre. Ce renversement serait une erreur puisque le FIR doit accompagner le travail clinique dans une élaboration d’après coup et qu’elle nécessite que les psychologues puissent choisir l’orientation de leur pratique. L’initiative et la créativité de chacun dans l’organisation de cette fonction FIR participent sans doute de façon beaucoup plus significative aux projets collectifs des institutions soignantes, que si elle était déterminée dans le cadre d’un projet décidé à l’avance par un collectif non choisi et distant des questions qui se posent à chaque psychologue au cours de sa pratique.

Que signifie la question sur les « groupes de pairs » ? S’il s’agit de devoir soumettre à d’autres psychologues ses propres orientations de travail, le risque est identique.

Enfin, parce qu’elle vise davantage à permettre au psychologue de concevoir et élaborer son action (décret de 91) - c’est-à-dire d’être « chercheur » de sa clinique - qu’à l’acquisition de connaissances préétablies, l’activité de FIR est à distinguer clairement de la formation continue.

- 3- Fixer comme base de la discussion, en très probable contrepartie d’une remise en question du FIR tel qu’il a été conçu dans sa finalité, l’attribution du temps FIR pour tous les psychologues contractuels sur emploi permanent, est un tour de passe-passe qui donne à penser qu’il s’agit d’un compromis quand on est en train de perdre sur l’essentiel. Les conséquences en seront multiples.

Cette proposition qui exclut en conséquence tous les autres contractuels de ces dispositions est un recul inacceptable. Le FIR tient en effet sa pertinence de son principe qui est un pilier du travail des psychologues cliniciens quels qu’ils soient. La circulaire de 2010 est aujourd’hui unanimement contestée par la profession, non seulement comme cela a été dit parce qu’elle exerce une ségrégation sur une partie des professionnels, mais aussi et surtout parce qu’elle met en cause le travail de l’ensemble des psychologues de la FPH. Nier aux contractuels, quelle que soit leur situation juridique de recrutement, la nécessité de cette fonction, c’est refuser à tous la reconnaissance de cette indispensable activité de symbolisation de leurs actes et faire d’eux les exécutants de techniques préconçues. C’est entériner l’idée fausse de la circulaire de 2010 qu’il s’agit d’un bénéfice réservé à certains quand la circulaire de 92 en faisait un travail pour tous.

Conséquences :

- Le FIR sera bientôt remis en cause dans sa globalité ou dans sa finalité s’il est admis que certains peuvent et doivent en être dispensés. Il sera mis au service d’une pensée unique sous la caution d’un prétendu consensus scientifique, au nom d’une obligation de recherche d’efficacité des soins.

- Obtenir pour quelques-uns la possibilité du FIR en le refusant à d’autres, c’est donc reconduire à l’infini la question de fond qui concerne le sens de ce travail. Ce ne sera à l’évidence pas une solution durable, mais au mieux une étape dans une dégradation progressive de cette activité.

- Cette mesure favorisera encore la précarisation, déjà très importante, de la profession. Les établissements sous pression budgétaire recruteront de préférence des psychologues à temps partiel sur emplois non permanents, nous le constatons déjà. Elle est contradictoire avec la volonté affirmée de résorption de l’emploi précaire.

- Cette base de discussion est, malgré les importantes protestations des psychologues en janvier 2011, la continuation d’une mesure de division de la profession, seule méthode actuelle de gouvernement et de traitement des questions sociales et humaines. Elle entrainera toujours plus de difficultés entre les professionnels qui, en dépit de leur grande diversité, doivent rester solidaires, pour eux-mêmes et surtout pour les patients.

Rappelons que si tous les psychologues ont les mêmes diplômes et les mêmes missions, ce sont aussi les mêmes budgets qui financent titulaires et contractuels. La distinction titulaires/contractuels, si elle trouve « opportunément » à s’appuyer sur des arguments juridiques, est artificielle pour ce qui est des conditions nécessaires à l’exercice de l’activité des psychologues hospitaliers.

Les psychologues ont à défendre leur statut de cadre de conception qui est garant de la qualité de leur travail en ne cédant ni au soupçon ni à une volonté excessive de contrôle qui aura pour conséquence de porter atteinte à la qualité de leur travail auprès des patients et des équipes. Céder sur ce point ne revient à rien d’autre qu’accepter une déqualification de la profession.

La Coordination de L’Inter Collèges des Psychologues d’Ile de France

http://www.intercolleges-psychos-idf.fr/

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