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Association des
Psychologues Freudiens

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Les collèges de psychologues et les projets de la DGOS

Association des Psychologues Freudiens mail, jeudi 15 décembre 2011

Nous poursuivons la publication des réactions des collèges de psychologues aux projets de la DGOS.
Et publions ici 2 textes de l’inter-collèges de l’Ile de France

 

PSYCHOLOGUES
ATTENTION ! TRAVAUX EN COURS

Les « séduisantes » propositions de la DGOS

La DGOS, dans le compte rendu du premier sous-groupe de travail avec les organisations syndicales réuni le 9 septembre 2011, fait des propositions sur « la structuration institutionnelle de l’activité du métier de psychologue à l’hôpital ».

-  L’une est la création obligatoire d’une unité de rattachement des psychologues (service, structure, pôle) au sein de chaque établissement

-  L’autre est la nomination d’un psychologue responsable coordonnateur rattaché à la DRH, ayant une position hiérarchique, une fonction de représentation de la profession dans les instances, et des missions administratives d’évaluation et de participation au recrutement d’une part, d’organisation des fonctions cliniques et FIR des psychologues d’autre part.

Ces propositions de « structuration institutionnelle de l’activité » du psychologue se traduisent essentiellement par une hiérarchisation de la profession et un détournement de la fonction FIR
Elles conduisent de fait à une déstructuration du travail clinique.
La planification préconisée de « projets de prise en charge des psychologues » par un responsable hiérarchique privera les psychologues de la responsabilité individuelle nécessaire à l’élaboration de leur action. Du fait de l’impossibilité à prédéterminer leurs actes, cette responsabilité est inhérente à leur travail. Elle ne peut être mise sous-tutelle d’un psychologue supérieur hiérarchique « rattaché à la DRH » sans dénaturer et déqualifier le travail du psychologue.

La fonction FIR ne peut être conçue et organisée comme de la formation continue qui ne vient que ponctuellement étayer et compléter un savoir. Fonctions FIR et clinique sont indissociables, structurent ensemble l’action du psychologue. Formation et recherche sont également inséparables dans le champ de la psychologie clinique. Subordonner la recherche à une contractualisation dans le cadre de projets collectifs, c’est la détourner de sa fonction déterminante d’accompagnement et d’élaboration de l’action du clinicien, première de ses missions statutaires.

L’élaboration par cette unité d’un rapport d’activité incluant un « Bilan du FIR et sa valeur ajoutée pour la prise en charge des patients de l’établissement » présuppose dangereusement une possible mesure du psychisme et ouvre la porte à une standardisation des pratiques contraire à l’éthique de la profession.

Les psychologues ont déjà des activités structurées, sont rattachés à des services, travaillent en équipe, se réunissent en collège. Ils sont prêts à entamer de réelles discussions sur le sens de leur travail auprès des patients. Ils ne peuvent que refuser ces propositions.
Nous demandons aux syndicats de bien vouloir ralentir la précipitation de la DGOS. Ces questions fondamentales méritent que nous prenions un temps plus long afin qu’elles soient largement débattues.

Le 5 octobre 2011

Coordination de l’Inter Collèges IDF

Réponses aux propositions de la DGOS

Le compte rendu du premier sous-groupe de travail entre les organisations syndicales réunies le 9 septembre 2011 et la DGOS fait état de propositions concernant une structuration institutionnelle de l’activité du métier de psychologue. Cette idée qui peut paraître rassurante et séduisante au premier abord donne l’illusion que le travail et le positionnement des psychologues dans les institutions en sera amélioré. Il se pourrait toutefois qu’elles conduisent à des effets contraires.

Arrêtons-nous sur ces propositions et Interrogeons-nous sur ce que veut dire « structurer l’activité » pour la DGOS ?

1- Il est pour le moins surprenant de constater qu’une première proposition s’énonce en « création obligatoire ».

2- La mise en place d’un C.R.S. (Coordonnateur Responsable Supérieur) « rattaché à la DRH ». Certaines de ses missions seraient :
►Elaborer « un projet de prise en charge psychologique… ».
►Evaluer ses collègues
►Gérer la fonction FIR, rendre des comptes au nom de ses collègues, démontrer la « valeur ajoutée » de cette fonction, conçue et organisée sur le modèle de la formation continue.

Serions-nous dans une planification de l’action des psychologues ?

Notons que ce C.R.S. serait lui-même soumis, dans le cadre des entretiens d’évaluation dont il aurait la charge, « à l’avis du chef du pôle d’affectation » chapeauté lui-même par le directeur de l’établissement, n+1, n+2, n+ 3 !

Que devient l’espace de création dans ce système ?

De telles propositions ne témoignent-elles pas d’une réelle méconnaissance des fondements du travail du psychologue. Rappelons qu’il lui est impossible de prédéterminer l’acte clinique sans tenir compte de l’inédit de la rencontre avec un patient.

Donner une fonction hiérarchique à un coordonnateur au sein de cette profession conduirait de façon insidieuse à retirer au psychologue le choix de ses pratiques et la responsabilité individuelle nécessaire à l’élaboration de son action. Son engagement subjectif dans la relation singulière avec le patient en serait nié. La complexité de la vie psychique n’appelle aucune réponse simpliste.

Le psychologue doit penser ses actes en mettant à l’épreuve son propre cheminement qu’il interroge et travaille. De ce fait, le libre choix de son travail d’élaboration et de ses formations lui appartient. C’est pourquoi Recherche et Formation ne peuvent être dissociées dans son travail.

3- Rentabiliser la fonction FIR :

►La fonction FIR serait « gérée » par le C.R.S. « sur la base d’une contractualisation avec les différents professionnels ». De quel contrat s’agit-il : D’objectifs ? De bonnes pratiques ?

►Le C.R.S. devrait objectiver (« bilan ») les bénéfices (« valeur ajoutée ») de la fonction FIR « pour la prise en charge des patients ». Nous relevons au passage que « différents professionnels » pourraient déterminer la formation qui conviendrait au psychologue pour chaque patient !

Détournée de sa finalité, la fonction FIR ne serait plus au service du travail de recherche et d’élaboration permanente du clinicien.
La dimension subjective du travail du psychologue pose problème à la logique des organisations. C’est pourquoi la fonction FIR est soupçonnée de servir des intérêts personnels sans lien avec la clinique et pourrait être mise au service de la formation continue.

La circulaire de 1992 est sans équivoque à ce sujet : la fonction FIR est une nécessité soutenue comme telle par l’Etat. Elle fait obligation aux psychologues de travailler des aspects qui se présentent dans l’après coup et qui sont inhérents à toute relation clinique.

La position de tiers entre institution et patients exige un travail de distanciation, de créativité et une position clinique de libre arbitre.
Il ne faut pas confondre le travail d’approche de la subjectivité et l’individualisme qui est souvent reproché au psychologue qualifié « d’électron libre ». Ce travail n’est en aucun cas un refus de la prise en compte de la dimension du collectif. Il est une nécessité pour chaque professionnel soumis aux impératifs de sa pratique.

La question du collectif pour les psychologues

Reprenons l’enquête menée par le SNP à partir de laquelle la DGOS fait ses propositions :

Sur 20 % de réponses des établissements sollicités l’enquête du SNP montre que « dans 66% des cas le regroupement des psychologues n’est pas positionné dans l’architecture organisationnelle ».

Faut-il en déduire que le psychologue ne s’inscrit nulle part ?

Il est important de souligner que si les collèges de psychologues ne sont pas positionnés « dans l’architecture organisationnelle de l’établissement », le psychologue quant à lui dépend non seulement d’un supérieur hiérarchique direct : le Directeur (son « n+1 » !), de plus il se doit d’articuler étroitement son activité à un projet de pôle dans un collectif de travail.

A quoi servirait de complexifier la hiérarchie avec des « n+1, 2, 3… » ? Pourquoi sous entendre que nous n’avons pas de supérieur hiérarchique ?

La DGOS nous pose la question : « Une position hiérarchique est-elle acceptable ? »

Nous répondons non, elle est irrecevable lorsqu’elle intervient dans l’élaboration de l’acte clinique du psychologue.

En outre, si les regroupements des psychologues - des collèges à 80% selon l’enquête du SNP - ne sont pas positionnés dans l’organigramme, nous tenons à signaler que leurs actions sont étroitement liées à la dynamique institutionnelle de l’établissement.

En dépit de l’imperfection souvent pointée de ces instances de travail, elles sont néanmoins un espace de réflexion et l’occasion pour la profession d’échanger, de confronter et de faire vivre la grande diversité des positionnements de celle-ci.

En quoi une structuration administrative de l’activité fera t-elle davantage de place au collectif ?

L’expérience montre dans de nombreux établissements que la multiplication des chefs fragmente voire détruit le lien social, les espaces de pensée et la parole collective.

Que peut signifier « collectif » pour les psychologues : structuration identique pour tous ? Fonctionnement unique ? Ordre ?

Cette idée de collectif est l’indice d’un besoin de penser ensemble, d’échanger, de confronter les diversités au sein d’un espace commun. Les difficultés inhérentes aux échanges seront-ils mieux résolues par une organisation hiérarchisée ?

En quoi « une structuration de l’activité » nous protégerait-elle des bouleversements et dérives liés aux restructurations successives de l’hôpital et aux réformes économiques ?

Nous avons l’occasion de constater que les remaniements successifs de l’hôpital et la volonté de restructurer l’activité des professionnels entraînent plus souvent un démantèlement des équipes et du travail que des lendemains qui chantent. L’esprit d’équipe qui permettait à chaque professionnel de se confronter et d’élaborer avec d’autres dans le respect de leurs différences est saccagé par la souveraineté de l’évaluation.

Dans cet esprit où soupçon et surveillance gangrènent les rapports humains, le psychologue ne sera pas reconnu mais confondu. Il sera évalué par son « n+1 » qui pourra lui dire si ses objectifs sont atteints, voire dépassés : nombre de consultations acceptables en comparaison des autres psychologues ? Missions accomplies ? Traitements psychologiques rentables ? Psychothérapies efficaces ? Vérifier si le psychologue est un bon régulateur social et le bras droit des idéologies dominantes : critères de rentabilité, grille d’évaluation de la vie psychique…

La nécessité pour les psychologues de penser leur travail auprès des patients et dans l’institution les a conduits à créer patiemment des espaces de rassemblement multiples et variés comme les collèges et les collectifs. Plus récemment les Inter collèges se développent et se structurent en interaction avec ces derniers. Nous souhaitons que ces espaces demeurent une référence pour la profession et renforcent leur existence.

Nous demandons aux syndicats de bien vouloir ralentir la précipitation de la DGOS. Ces questions fondamentales méritent que nous prenions un temps plus long afin qu’elles soient largement débattues.

Le 5 octobre 2011

Coordination de l’Inter Collèges IDF

intercollegesidf@gmail.com

http://www.intercolleges-psychos-idf.fr

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