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Ce que la psychanalyse apporte à ma pratique de jeune diplômée psychologue



Victoria Ailloud-Perraud
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L'association des Psychologues freudiens donne la parole à de jeunes praticiens psychologues et fait valoir le témoignage de leurs expériences, de la manière dont la psychanalyse les oriente et de leurs trouvailles. Aujourd'hui, Victoria Ailloud-Perraud nous propose de "penser la déficience intellectuelle en tant qu'un effet de l'inconscient".


Je suis psychologue clinicienne d’orientation psychanalytique jeune diplômée. Actuellement, je travaille avec des adolescents, à mi-temps dans un accueil thérapeutique à temps partiel et en institut médico-éducatif. J’ai commencé à m’intéresser à la psychanalyse durant mes premières années d’études de psychologie ; j’y ai en effet trouvé une manière de penser l’être humain qui, en s’affranchissant d’un référentiel normatif, permet d’aborder la question du psychique dans sa complexité et sa singularité. Mes premières rencontres avec la clinique ont confirmé mon intérêt pour cette posture particulière. Celle-ci permet une écoute différente, qui se dégage d’une recherche de « résultat » manifeste. Le récit des patients peut ainsi être écouté avec moins d’angoisse en ne cherchant pas à donner des réponses ou à trouver des solutions. L’idée étant que le patient trouve lui-même ses solutions et que lorsque celles-ci font symptôme, le travail d’élaboration et de mise en mot peut permettre un agencement différent et moins coûteux pour le sujet.

La lecture de textes et d'articles psychanalytiques fait partie intégrante de ma pratique de clinicienne. Cet étayage théorique me permet de m’orienter dans la clinique, dans la rencontre avec les jeunes que je reçois et donc dans la question du transfert. Il s’agit de lire les dires, les symptômes, les passages à l’acte, au regard de l’existence de l’inconscient. Dans le cadre des suivis que je propose à l’IME, la théorie psychanalytique me permet de penser la déficience intellectuelle en tant qu’un effet de l’inconscient. En d’autres termes, la question avec laquelle j’aborde cette pratique pourrait être : qu’est-ce que la déficience intellectuelle vient dire du rapport au monde du sujet ? Dans cette perspective, je cherche à proposer à ces jeunes un espace de parole dans lequel il est question de s’intéresser à leur vie psychique au-delà de leurs difficultés de compréhension ou d’expression verbale. J’utilise aussi des outils de médiation comme le dessin, le jeu ou la pâte à modeler pour médiatiser la relation lorsque le face-à-face est trop périlleux pour le jeune ou lorsque l’accès au symbolique est très compromis.

Dans ma pratique institutionnelle, la psychanalyse et l’éthique qu’elle transmet permet de rester centrée sur la singularité du sujet, là où les directives institutionnelles tendent de plus en plus vers la négation du singulier au profit de pratiques généralisables à tous. La psychanalyse tend aussi à maintenir une place pour la pensée et la parole au sein de l’institution, celles-ci étant fortement attaquées aujourd’hui avec notamment la tentative de résumer l’être à son agir, au fonctionnement neuronal et à l'explication scientifique. Elle permet de tenir à distance, ou du moins, de contrebalancer les pratiques comportementales qui viennent en réponse à cette mouvance.

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