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Lorsque l’on débute dans la pratique : les richesses de l’écoute psychanalytique




Laetitia Partenio
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En tant qu’étudiante j’ai pu conforter mon envie de continuer dans l’orientation psychanalytique grâce à mon stage de fin de Licence. Cette orientation m’a permis de devenir une étudiante en psychologie souhaitant être capable d’écouter le patient de la façon la plus neutre possible, souhaitant se remettre en question et avoir une certaine capacité d'auto-analyse. C’est également une position de non-savoir et de décalage constant que j’apprends avec l’orientation analytique ; une position qui n’a rien d’une évidence, et qui n’est pas confortable. Effectivement, la clinique auprès des patients m’a permis de me confronter à la complexité de l’écoute analytique. Cette écoute épurée, essaye d’être la plus littérale possible, la plus proche de ce que souhaite dire le patient. Cela nécessite de mettre de côté mes jugements de valeurs, mes représentations, ou mes pensées. Cela m’a montré que lorsque je suis certaine d’avoir compris, c’est finalement là où je n’ai pas vraiment écouté ce que le patient avait d’unique à exprimer, et qui échappe justement à la compréhension commune.

Je pense que l’objectif est moins de « guérir » le patient que d’essayer de lui apporter une aide en proposant un espace qui lui est dédié afin qu’il puisse s’exprimer. Je pense que cette approche est importante en institution car elle permet d’apporter un autre point de vue sur le patient, qui n’est pas celui d’une vérité objective mais d’une réalité subjective. Cette orientation permet selon moi d’accorder une importance particulière à la temporalité du patient et ainsi de sortir de cette injonction à la rapidité que notre société idéalise.

De plus, je souhaite travailler en prenant en considération la parole du patient et l’orientation psychanalytique m’a réellement permis de me décaler de mes idées reçues. Elle me pousse à me questionner, et me rend humble face à la réalité selon laquelle le savoir ne vient pas de nous, mais des patients. Elle me permet de renoncer à la toute-puissance et à la place de supposé expert que je pourrai induire du titre de psychologue. En outre, cette orientation selon moi ne propose ni une solution, ni un protocole permettant d’en trouver une, mais au contraire elle permet au patient de trouver petit à petit ses propres solutions, ses réponses. Elle lui permet de retrouver une part de contrôle dans son vécu, il peut ainsi se le réapproprier, de même que son histoire et donc lui permettre de retrouver une certaine marge de manœuvre dans sa vie. Pour finir, elle me permet de penser la relation aux patients à partir de l’enjeu transférentiel ce qui pousse à la modestie et à ne pas prendre les compliments pour acquis et pour soi-même. Le fait de penser le transfert comme une réactualisation dans le présent, des imagos parentaux, devient l’outil fondamental, le levier de la cure. Cela permet de penser le contre-transfert et me pousse aussi en tant qu’étudiante à travailler sur moi-même grâce aux supervisions et en allant en analyse.

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