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L’administration française, son originalité, ses pouvoirs et leurs limites




Nathalie Georges-Lambrichs-RPPS
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Un message émanant de l’agence numérique en santé a été délivré par mail le 14 mai dernier à un certain nombre de psychologues – pas tous (pourquoi un tel et pas un autre d’ailleurs ?), dont j’ai fait partie. J’y prélève deux informations qu’il ne paraît pas utile d’ignorer, les voici :

 

Bascule ADELI du lot 3 : présentation des nouvelles procédures pour les professionnels de la santé concernés

Détails

Le 5 juin, les professions suivantes vont basculer du répertoire ADELI vers le RPPS [Répertoire Partagé des Professionnels intervenant dans le système de Santé], et se voir attribuer un numéro RPPS :

·       Psychologue

·       Opticien-lunetier

·       Audio-prothésiste

·       Orthoprothésiste

·       Podo-orthésiste

·       Epithésiste

·       Oculariste

·       Orthopédiste-Orthésiste

Cela implique un changement de certaines procédures, notamment la commande d’une carte CPS [Carte de Professionnel de Santé], l'activation de la e-CPS et la modification d'informations sur la plateforme RPPS, c’est dire que l’allègement promis de la bureaucratie sanitaire n’est pas le premier souci des agences qui nous « gèrent ».

Lors de ce webinaire, les experts de l'ANS [Agence du Numérique en Santé] vont vous présenter ces nouvelles procédures avec démonstration à l'appui.

Nous terminerons par une session de question-réponse.

 

À peine avais-je reçu cette information[1] que je me précipitai pour m’inscrire au webinaire. Las !, il était complet. Poursuivant ma recherche, j’aboutis sur le lien suivant :

 

 

 

Je vous invite à le visiter. J’y ai fait deux constats préoccupants :

1.     Les psychologues, sériés dans le « lot 3 », sont dits exercer une profession de santé, comme si c’était une évidence. Or, nous le savons et ne cessons pas de le marteler, si nous travaillons en bonne intelligence avec des médecins et des paramédicaux, nous relevons d’une autre formation et sommes en dehors de cette hiérarchie, d’autant mieux à même de tisser des liens avec ces professionnels quand c’est nécessaire. Les témoignages abondent de la bonne intelligence dans l’intérêt de ceux qui souffrent.

Est-ce une erreur ou un passage à l’acte ?

2.     Autre surprise : dans le « lot 4 » appelé à « basculer » le dernier, en septembre prochain, apparaissent les psychothérapeutes. Autant vous n’avez rien à faire, si vous êtes psychologue, pour activer la transformation de l’inscription ADELI en RPPS, autant il vous faudra aller sur une plate-forme déclarer que psychothérapeute, vous l’êtes aussi. Oui vous l’êtes de droit, depuis 2005 ; et pourtant… Un pittoresque échange téléphonique avec une personne préposée à l’accueil sur le site de l’ARS m’a fait entendre avec une délicatesse originale que les psychologues râlant tout le temps, elle ne s’attarderait pas à m’expliquer le fonctionnement de la nouvelle plate-forme qui mobilisait ses collègues jour et nuit, et que ce serait donc « certainement difficile, au revoir madame ».

 

Veillons donc… car plusieurs signaux s’allument dangereusement et vont dans le même sens : celui de paramédicaliser le métier de psychologue, le transformer en auxiliaire – accessoiriste ? – d’une santé mentale dont nous savons pourtant qu’elle n’existe pas… ou alors uniquement dans le rêve des bureaucrates, dont l’Histoire, munie de sa grande hache, a montré qu’il pouvait virer au cauchemar.



[1]. Ces informations sont disponibles sur https://esante.gouv.fr/

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